Récit de naissance d'Emma, Lola, Stella, née le 9 décembre 2005 à 17h21.

Le 29 avril 2005, j'apprend avec surprise que je suis enceinte de toi, ce n'était pas prévu pour tout de suite mais nous sommes presque immédiatement fous de joie !
Cela fait tout juste 9 mois que nous sommes ensemble avec Joris, mais notre amour est déjà tellement fort que nous ne doutons pas une seconde de vouloir voir mon ventre s'arrondir, de vouloir te rencontrer, te choyer...
Le jour même, nous apprenons que nous allons avoir une maison ! Heureusement, car pour l'instant nous vivions chez Mamy Michèle.

Le 15 juin 2005, 1ère échographie...nous voyons apparaître sur l'écran un petit être, avec une tête, 2 bras et 2 jambes, et nous sommes supris ! Nous ne pensions pas que tu serais déja aussi "humaine"...

Le 9 juillet, dans le bateau pour la Corse, il me semble que je t'ai sentie bouger !! Mais je n'étais pas sûre car il me semblait que c'était un peu tôt... et le 18 juillet, là c'est Papa qui a réussi à te sentir bouger, en posant sa main sur mon ventre et en te faisant des câlins ! il est fou de joie, passe des heures à essayer de te titiller mais il ne t'aura sentie qu'une seule fois pour ce coup-ci...

Le 3 août, je suis allée au stade vélodrome avec mon bidon qui commencait à s'arrondir ! quelle sensation étrange...tout est immense, tout résonne, j'ai l'impression que tu ressens tout comme moi...

Le 30 août, 2e échographie, tout va bien, tu commences à fleurter avec le haut des courbes de croissance et de poids... (730g pour une moyenne de 500g)

Le 4 novembre, 3e échographie, tu t'es enfin retournée (tu étais en travers de mon ventre...), et tu fais déjà un bon poids ! (2,4 kg à 32 SA)

Entre tout cela j'assiste aux cours de préparation à l'accouchement, j'ai choisi le yoga car j'ai envie de me détendre, et d'essayer de faire le maximum de travail "naturellement"...

Fin novembre, je me rend chez l'ostéopathe pour essayer de te faire un peu de place, car je ne te sens plus trop bouger, tu es à l'étroit ! Elle sent que ma tension est en hausse, me dit de la faire surveiller...ce que je fais, elle reste toujours limite, 14/9.

Le 5 décembre, je vais à la maternité pour faire contrôler la tension, toujours limite, la sage-femme me propose de me faire un décollement des membranes pour essayer de te faire venir un peu plus tôt. Ne sachant pas ce que c'est, j'accepte... Cela fait un peu mal, mais je repars à la maison tranquillement.

La nuit même, contractions légèrement douloureuses mais rapprochées pendant 2h, je suis scrupuleusement ce que l'on m'avait dit alors nous partons pour la maternité... Au début tout le monde y croyait (même les sages-femmes) puis finalement on me met dans une chambre pour voir la suite des évènements.
Joris repart, et moi je m'endors avec les contractions...

Le lendemain matin, lorsque je me réveille, je n'en ai presque plus...donc on me fait rentrer chez moi. C'était un faux travail probablement déclenché par le décollement. Ils me demandent quand même de revenir le jeudi pour le suivi de ma tension...

Le 8 décembre donc je retourne à la maternité vers midi, ma tension est mauvaise, ils décident de me faire renter à la maternité le soir pour me déclencher l'accouchement le lendemain matin...
Nous sommes partagés entre joie et appréhension, nous ne nous attendions pas à te rencontrer déjà... mais c'est le mieux pour nous deux.
Le soir, c'est dur de se séparer, je n'ai pas envie que Joris me laisse...mais il n'a pas le droit de rester. Il part, la SF vient me brancher le tensiomètre, s'en va, l'appareil me prend la tension, je vois le chiffre : 19/10.

Je sais déjà ce que cela veut dire, ce n'est pas bon du tout. La SF s'affole, part en courant chercher le gynécologue, revient toujours en courant (lol), me dit qu'on va me transférer en salle de travail, qu'ils vont me déclencher l'accouchement maintenant finalement... J'appelle Joris pour qu'il revienne, lui dit que c'est ce soir que ça se passe, il n'en croit pas ses oreilles...

La Sf me pose le gel, il est 22h15. Joris arrive, nous sommes un peu sonnés. Je suis sous monitoring pour écouter ton coeur, voir si les contractions arrivent...je ne sais plus quelle heure il est quand ça commence, mais ça arrive assez vite après la pose du gel ! Au début tout va bien, je supporte, Joris est à mes côtés, on gère. Mais au bout d'un moment je ressens l'envie de bouger, je demande à ce qu'on m'enlève le monito, et nous partons marcher dans les couloirs. Parfois, je suis obligée de m'arrêter pour reprendre mon souffle, mais je suis bien.
En passant devant le bureau des SF nous entendons qu'elles parient sur la taille que notre puce va faire... Cela nous fait rire.

Malheureusement je suis obligée de retourner régulièrement dans ma petite salle, pour vérifier que tout va bien... Joris finit par rentrer pour aller se reposer, moi j'ai du mal à rester sur le dos avec ce monito.

Changement d'équipe, la SF qui vient se présenter a l'air douce et gentille... Je décide de me mettre dans le noir complet et d'écouter mon CD du "Grand bleu", que j'avais amené exprès. Cela me détend bien, j'utilise les exercices appris en prépa, le temps passe...
La SF revient, me demande si je souffre. Un peu, elle me propose une piqûre pour me relaxer. J'accepte, je sais que ce sera encore long, et je veux tenir le plus possible...
Cela me fait un bien fou, le temps passe vite, je sens toujours les contractions mais presque sans douleur.
Au petit matin Joris me demande s'il faut qu'il vienne, ou s'il a le temps de déjeuner. Il a le temps... Il revient, n'a presque pas dormi (hihi), me remonte le moral, me dit que nous allons bientôt faire la connaissance de notre petite puce... C'est vrai, cela me redonne du courage.

Ma tension ne s'arrange toujours pas, un peu avant midi le gynécologue vient me faire un TV, mon col est toujours postérieur et en le ramenant, il me fait un mal de chien... C'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase, je craque littéralement. Il me propose alors de prendre la péridurale, "pour me reposer et garder quelques forces pour pousser..." Sinon, "je risque de m'épuiser inutilement et de finir en césarienne".

Je n'ai plus la force de me battre, je ne suis pas assez informée, je finis par accepter... A 12h30 la péri est posée, mais bien dosée, je sens toujours les contractions, mais sans douleur. Ouf. Je ne me sens pas en pleine forme, j'ai froid, très froid, je grelotte. A tour de rôle, Michèle et Joris viennent me voir, essaient de me détendre.

Vers 14h30-15h la SF décide de me rompre la poche des eaux, je ne proteste pas, je suis prise dans l'engrenage de l'hôpital... C'est une véritable inondation, voilà la raison de ta position transverse qui a duré un moment : j'étais en hydramnios. Tu as eu droit à une piscine géante pendant 8 mois !

A 16h, je me sens mal, j'ai envie de vomir...ce que je fais. Je comprend après que c'était le signe annonciateur de la poussée. Vers 16h30, l'envie de pousser arrive. Légère au début, cela devient petit à petit un besoin impérieux. Joris appelle la SF, m'examine, dilatée à 9,5, il faut attendre encore un petit peu.
Mais j'ai trop envie de pousser, tellement envie que je n'arrive plus à me retenir, cela devient trop dur... Joris qui ne sait plus quoi faire, rappelle la SF, elle finit par me dire de pousser si cela me soulage. En effet, le fait de pousser m'enlève toute douleur, donc je ne fais que ça...

La SF revient, va pour m'ausculter et s'exclame : mais elle arrive !!! (nous lui avions dit que c'était une petite fille) déjà !!! Elle veut appeler le gynéco pour l'épisio mais n'a pas le temps, elle me guide sur 4 poussées et ta tête est presque là. Elle demande à Joris s'il veut regarder, il hésite un peu puis accepte...il est tout chamboulé.
Elle me propose ensuite de toucher sa tête du bout des doigts, c'est génial, cela me redonne du courage. A la poussée d'après la tête est sortie, la SF dégage les épaules et me dit de m'assoir un peu pour que je puisse attraper ma fille sous les bras et me la poser sur le ventre. Qui ça, moi ???? attraper ma fille ??? c'est vrai, j'ai le droit de le faire ??? Je me redresse et découvre avec surprise une petite brunette aux anglaises collées par le vernix, je l'attrape, la dépose délicatement contre moi, ça y est elle est là, mon bébé, mon amour, enfin.
Je suis aux anges, je n'arrête pas de dire "mon dieu, c'est ma fille" "qu'est-ce qu'elle est belle"...

La SF parle de couper le cordon, mais sans prêter attention à Joris... Il était prêt à lui bondir dessus, mais elle a fini par se retourner et lui tendre la paire de ciseaux. Sous le coup de l'émotion il dérape à la première fois, mais la deuxième est la bonne.
Elle crie un petit coup, puis beaucoup plus fort, ouf elle va bien. Le temps est comme suspendu. Je reste le regard figé dans le sien, je ne fais plus attention à personne, il n'y a qu'elle et moi. Puis je me ressaisis et propose à Joris de la prendre... Premières photos, moments inoubliables.

La SF nous laisse seuls, je décide de la mettre au sein. Elle le trouve du premier coup et se débrouille bien !

La SF revient et me dit qu'il va falloir me faire quelques points car ma petite princesse est née en faisant l'aviateur, ce qui m'a valu une petite déchirure. Joris part donc avec Emma pour lui faire les examens et l'habiller, pendant que la SF me recoud. Ce n'est pas agréable, mais pour m'aider je repense à ce qui vient de se passer... Pour rigoler je lui demande combien elle pense que pèse Emma, comme ça à vue de nez... Elle me répond : "allez je dirais un bon petit 3,7 kg !"
Joris revient avec elle dans les bras, dans un petit pyjama rose que nous avions choisi pour la naissance. Je lui demande combien elle pèse. "3 kg 700" La SF ne s'était pas trompée. Beau poids pour un bébé né 1 mois avant terme !

Nous nous retrouvons seuls pour de bon, il faut que je reste un peu en salle d'accouchement pour de la surveillance. Nous trois, enfin réunis, enfin une famille.
Quel instant de bonheur simple. Rare.
Ca y est, mon amour est devenu père, cela se voit dans ses gestes, dans ses yeux, il est magnifique. Une auréole d'amour et de bonheur se détache de lui, c'est un vrai plaisir de le regarder.
Cette naissance nous a comblés, rapprochés, nous avons vécu ensemble un des moments les plus intenses de notre vie, et cela, personne ne pourra nous l'enlever.


NB : Emma est le prénom que nous avions choisi, Lola celui avec lequel nous avons le plus hésité et Stella, le prénom de la SF qui m'a accouchée. ^^